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La chanson du jour : Kraftwerk Autobahn

La chanson du jour : Kraftwerk Autobahn

« Autobahn » est le morceau qui a révélé Kraftwerk au monde en 1974 : un long voyage sur l'autoroute mis en musique avec des synthétiseurs. Ce titre de Düsseldorf a ouvert la voie à la synthpop, à la techno et à une bonne part de la musique électronique.

« Autobahn », sorti en 1974, est le morceau qui a fait connaître Kraftwerk dans le monde entier. Sur l'album, il dure plus de vingt minutes et décrit un trajet en voiture sur l'autoroute.

Les pionniers de la musique électronique

Formé à Düsseldorf, Kraftwerk a ouvert la voie à la synthpop, à la techno et à une grande partie de la musique électronique actuelle.

Le groupe est né autour de Ralf Hütter et Florian Schneider, deux musiciens venus d'une scène expérimentale allemande que la presse britannique rangeait sous l'étiquette « krautrock ». Dans leur studio de Düsseldorf, le Kling Klang, ils ont peu à peu abandonné guitares et instruments acoustiques pour des machines : synthétiseurs, boîtes à rythmes, vocodeur. « Autobahn » marque ce basculement, avec des sons de moteurs, de klaxons et de vitesse recréés électroniquement.

« Wir fahr'n, fahr'n, fahr'n »

Le refrain, chanté en allemand, imite le ronronnement monotone du voyage. Une version courte a été éditée en single pour la radio.

Choisir l'allemand n'allait pas de soi : beaucoup de groupes de l'époque chantaient en anglais pour viser l'international. Kraftwerk a fait le pari inverse, et c'est justement ce mélange d'allemand, de répétition et de machines qui a intrigué les auditeurs étrangers. La version courte a permis au titre d'entrer dans les classements de plusieurs pays, dont les États-Unis, un exploit rare pour un morceau chanté dans cette langue.

Un voyage plutôt qu'une chanson

Le morceau ne raconte pas une histoire : il décrit un paysage qui défile. La version longue prend son temps, change de tempo, laisse les sons de la route s'installer, comme un trajet réel sur une autoroute allemande, entre champs, ponts et bandes blanches. Cette idée de la musique comme paysage, lente et hypnotique, se retrouvera plus tard dans l'ambient et dans certaines formes de techno.

Une influence immense

De la new wave au hip-hop, de nombreux artistes citent Kraftwerk comme une influence majeure.

Le lien avec le hip-hop est le plus surprenant : à New York, Afrika Bambaataa a repris des motifs de « Trans-Europe Express » pour son « Planet Rock », l'un des titres fondateurs de l'electro. Les albums suivants du groupe, de « Radio-Activity » à « Computer World » en passant par « The Man-Machine », ont prolongé cette exploration des rapports entre l'humain et la technologie. En Allemagne, la descendance est nombreuse, du duo D.A.F. et son « Verschwende deine Jugend » aux rafales numériques d'Atari Teenage Riot avec « Speed ».

En concert

Le groupe a réinventé ses concerts en spectacles audiovisuels en 3D, présentés dans de grands musées du monde entier.

Le MoMA de New York et la Tate Modern de Londres ont notamment accueilli ces rétrospectives, où chaque soirée était consacrée à un album. Sur scène, les musiciens restent presque immobiles derrière leurs pupitres, pendant que les images projetées prennent le relais : une mise en scène fidèle à l'image de « l'homme-machine » que le groupe cultive depuis ses débuts. D'autres titres de l'électronique allemande, comme « The Power » de Snap!, figurent aussi parmi les chansons du jour.

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