Hier kommt Alex est l'une des chansons les plus célèbres de Die Toten Hosen, groupe punk de Düsseldorf. Sortie en 1988, elle ouvre un album entièrement construit autour d'Orange mécanique et de son héros Alex, et son refrain repris en chœur l'a fait passer des salles de concert aux tribunes.
« Hier kommt Alex » est l'un des titres les plus connus de Die Toten Hosen, groupe de punk rock de Düsseldorf. Sorti en 1988, il s'inspire du roman et du film « Orange mécanique ».
Un album-concept
La chanson ouvre un album construit autour de l'univers d'« Orange mécanique », d'Anthony Burgess, dont le héros s'appelle Alex.
Dans le roman de Burgess, Alex est un jeune délinquant qui mène une bande et finit soumis à un traitement de conditionnement censé lui ôter toute violence. Le livre pose la question du libre arbitre : une société a-t-elle le droit de transformer un individu pour le rendre inoffensif ? Le film de Stanley Kubrick a donné à cette histoire une imagerie très forte, faite de costumes blancs, de chapeaux melon et de musique classique détournée. Un groupe punk ne pouvait guère trouver de matière plus parlante sur la violence, la jeunesse et le contrôle social.
Ce que raconte la chanson
Le texte présente Alex et sa bande comme une menace qui surgit dans la nuit de la ville, avec l'ironie propre au groupe : le refrain annonce son arrivée comme celle d'un héros, alors que tout le reste du récit dit ce qu'il a d'inquiétant. Cette ambiguïté, entre fascination et critique, explique que la chanson soit restée bien plus qu'un simple tube.
Un hymne de stade
Son refrain repris en chœur en a fait un classique des concerts du groupe et des tribunes de football.
Les membres du groupe sont connus pour leur attachement au football, et leurs chansons circulent volontiers dans les stades. Un refrain court, facile à reprendre à des milliers de voix, se prête à cet usage bien plus qu'un texte complexe ; c'est le sort de nombreux morceaux punk et rock, adoptés par les supporters sans que les auteurs l'aient prévu.
Die Toten Hosen
Formé au début des années 1980, le groupe est, avec Die Ärzte, l'un des deux piliers du punk allemand, et l'un des groupes les plus populaires du pays.
Les deux formations incarnent deux pôles d'une même scène : l'énergie de la Rhénanie pour l'une, l'humour berlinois pour l'autre. Le punk allemand a ensuite pris d'autres directions, plus électroniques et plus rageuses, comme chez Atari Teenage Riot et son morceau Speed, ou plus provocatrices, avec Nina Hagen, la mère du punk allemand.
Pour l'écouter
La version studio et de nombreuses versions en concert sont disponibles en streaming.
Écouter une version live permet de mesurer ce que le refrain devient face à une foule ; la version studio, plus resserrée, laisse mieux entendre le texte. Pour qui découvre le groupe, l'album entier se prête à une écoute suivie, puisque les morceaux se répondent autour du personnage d'Alex.
Le roman de Burgess se lit aussi en complément : son argot inventé, mêlant anglais et mots russes, donne une idée de l'univers que le groupe a voulu mettre en musique.