« Ding Dong Song » est le tube de Günther, personnage de séducteur parodique créé par un artiste suédois et sorti en 2004 avec les Sunshine Girls. Moustache, voix suave et paroles volontairement absurdes : tout est fait pour le second degré.
Günther est un personnage de chanteur de charme parodique, incarné par un artiste suédois. Son « Ding Dong Song », sorti en 2004 avec les Sunshine Girls, est devenu un tube de soirée à travers l'Europe.
Le kitsch comme programme
Moustache, tenue blanche, voix suave et paroles volontairement ridicules : tout est pensé pour faire rire, dans la lignée des parodies de crooners.
Derrière le personnage se trouve Mats Söderlund, ancien mannequin suédois, qui a construit Günther comme une caricature totale du don Juan de discothèque. Le clip pousse l'exagération jusqu'au bout : regards appuyés, poses langoureuses, entourage de danseuses en tenues colorées. Le résultat oscille entre le gag et la vraie chanson pop, ce qui explique qu'on l'ait autant moqué que dansé.
Un nom allemand
Le personnage porte un prénom allemand, clin d'œil au stéréotype du séducteur germanique un peu démodé.
Le choix n'est pas innocent : en Scandinavie comme ailleurs en Europe, le prénom Günther évoque une figure un peu ringarde, loin du glamour latin habituellement associé aux crooners. Vu depuis Berlin, ce détournement amuse d'autant plus qu'il joue avec l'image que les voisins se font des Allemands.
Un tube de soirée
Le refrain « ding dong » se chante sans connaître les paroles : la chanson revient régulièrement dans les soirées années 2000.
Comme beaucoup de tubes de cette époque, elle a profité des chaînes musicales et des compilations de l'été. Son tempo dansant et son refrain onomatopéique en font un choix facile pour relancer une piste. Günther a enchaîné avec d'autres titres dans la même veine, dont une reprise de « Teeny Weeny String Bikini », toujours avec les Sunshine Girls.
La parodie dans la pop européenne
Günther s'inscrit dans une longue tradition de personnages de chanteurs inventés pour faire rire, qui finissent par avoir une vraie carrière. Le public sait que tout est faux, mais il joue le jeu. L'Allemagne a produit ses propres exemples de chansons à la fois ridicules et irrésistibles, comme Dschinghis Khan, le kitsch costumé de l'Eurovision. Dans un tout autre registre, mais avec le même goût du spectacle, Smack Jack de Nina Hagen montre que l'excès peut aussi être une forme d'art.
Pour les amateurs de kitsch
Le site a aussi une sélection de chansons de Noël délicieusement kitsch.
Le reste de la playlist berlinoise de chansons et de rock mélange ces plaisirs coupables avec le punk, le rock et la new wave allemande. Il y en a pour toutes les humeurs, des soirées entre amis aux longues nuits d'hiver.
À Berlin, ce genre de titre surgit souvent au détour d'une soirée karaoké, quand quelqu'un ose le choisir et que toute la salle reprend le refrain avec lui. C'est l'occasion de voir des gens très sérieux se prêter au jeu du second degré, micro en main.
Le « Ding Dong Song » reste l'une de ces chansons qu'on prétend détester et dont on connaît pourtant le refrain par cœur. C'est peut-être la meilleure définition du kitsch réussi.