« Dschinghis Khan » est la chanson qui a représenté l'Allemagne de l'Ouest à l'Eurovision de 1979, portée par un groupe créé spécialement pour l'occasion. Costumes extravagants, refrain martelé et chorégraphie théâtrale en ont fait un monument du kitsch européen.
« Dschinghis Khan » est la chanson qui a représenté l'Allemagne de l'Ouest au concours Eurovision de 1979, interprétée par le groupe du même nom, formé pour l'occasion.
Un groupe de l'Eurovision
Le groupe, produit par Ralph Siegel, grand nom de l'Eurovision allemande, se distinguait par ses costumes et ses chorégraphies spectaculaires.
Ralph Siegel en a composé la musique, sur des paroles de Bernd Meinunger, un duo qui a signé de nombreuses chansons allemandes pour le concours. L'idée était simple et redoutablement efficace : un sextuor costumé, chaque membre incarnant un personnage, autour d'une figure historique transformée en héros de carnaval. Parmi les membres figurait Leslie Mándoki, musicien d'origine hongroise devenu plus tard producteur reconnu.
Une chanson sur un conquérant de fantaisie
Le texte évoque Gengis Khan, fondateur de l'empire mongol, dans une version de pure fantaisie : cavalcades, festins et exploits, sans aucune prétention historique. Ce traitement comique d'un personnage redouté est au cœur du charme de la chanson, qui assume son second degré du début à la fin.
Un succès inattendu
La chanson s'est classée quatrième au concours, mais a connu un grand succès dans les pays germanophones et au-delà, jusqu'en Union soviétique.
Cette popularité à l'Est est l'un des aspects les plus curieux de l'histoire du groupe : ses disques circulaient largement de l'autre côté du rideau de fer, et ses titres sont restés très connus dans les pays de l'ancien bloc soviétique. Pour un blog écrit depuis Berlin, ville longtemps coupée en deux, cette chanson qui a franchi le Mur dans les deux sens a une saveur particulière.
Le kitsch assumé
Refrain entêtant, costumes historiques fantaisistes : la chanson est devenue un classique des soirées kitsch et des rétrospectives de l'Eurovision.
Le Schlager et la pop allemande des années disco ont produit d'autres refrains du même genre, qu'on chante en chœur sans forcément les prendre au sérieux. La playlist berlinoise de chansons et de rock en rassemble plusieurs, aux côtés de titres bien plus rugueux.
D'autres titres
Le groupe a enchaîné d'autres tubes dans la même veine, dont « Moskau ».
Ce second titre, encore plus rapide, a connu une seconde vie bien après sa sortie, repris dans les stades, les mariages et les vidéos en ligne. Pour rester dans les refrains dansants d'origine européenne, The Power de Snap! représente une autre époque de la dance venue d'Allemagne. Dans un registre plus provocant, Nina Hagen et son Smack Jack montre une tout autre facette de la scène allemande.
Le succès du groupe a aussi tenu à la télévision : la chorégraphie, pensée pour l'écran, faisait autant que la musique, et les passages dans les émissions de variétés ont installé les personnages dans la mémoire du public. Le groupe s'est reformé à plusieurs reprises pour des tournées, notamment dans les pays de l'Est où sa popularité ne s'est jamais démentie.
Plus de quarante ans après sa sortie, « Dschinghis Khan » reste un passage obligé des soirées rétro : il suffit des premières mesures pour que la piste se remplisse.