Max und Moritz est une histoire illustrée en vers de Wilhelm Busch, publiée en 1865, qui raconte les sept mauvais tours de deux garnements jusqu'à leur fin tragique. Ce classique de l'enfance allemande est souvent présenté comme un ancêtre de la bande dessinée.
« Max und Moritz » est une histoire illustrée de Wilhelm Busch, publiée en 1865. Elle raconte, en vers et en dessins, les sept mauvais tours de deux garnements, qui finissent fort mal.
Les sept mauvais tours
Les deux garçons commencent par s'en prendre aux poules de la veuve Bolte, qu'ils piègent avec du pain attaché à des ficelles, puis lui volent ses volailles rôties par la cheminée. Ils scient ensuite le pont du tailleur Böck, qui tombe à l'eau, et bourrent de poudre la pipe du maître d'école Lämpel. L'oncle Fritz trouve des hannetons dans son lit. Chez le boulanger, les deux garnements tombent dans la pâte et ressortent du four en pain, dont ils s'échappent en le grignotant. Le dernier tour, chez le paysan Mecke, leur est fatal.
Chaque épisode suit le même mouvement : la préparation du méfait, sa réalisation, puis la colère ou la souffrance de la victime. Ce rythme régulier, appuyé par des rimes faciles à retenir, explique en partie le succès du livre auprès des enfants.
Un ancêtre de la bande dessinée
Par sa manière d'enchaîner dessins et texte, l'œuvre est souvent citée parmi les ancêtres de la bande dessinée. Elle a inspiré, aux États-Unis, la série « The Katzenjammer Kids ».
Les Katzenjammer Kids, créés par Rudolph Dirks, reprennent l'idée de deux frères qui multiplient les mauvais coups contre les adultes de leur entourage, et ont connu une très longue carrière dans la presse américaine. L'ouvrage de Busch, avec ses images qui découpent l'action en étapes et son texte placé sous chaque dessin, annonce déjà le rythme des cases et des strips.
Un classique des enfances allemandes
Des générations d'enfants allemands ont appris ses vers par cœur. Les deux noms sont passés dans la langue pour désigner deux enfants turbulents.
Les premiers vers, qui se plaignent de tout ce qu'on entend raconter sur les enfants méchants, sont connus de la plupart des Allemands. Le livre s'est décliné en jouets, en timbres, en dessins animés et en innombrables parodies ; dans les pâtisseries et les boulangeries, on croise même parfois les deux garnements sur des boîtes ou des emballages, preuve de leur popularité intacte.
Une morale cruelle
La fin est sombre : les deux garçons sont broyés au moulin et picorés par les canards. Ce ton, très éloigné des livres d'enfants actuels, surprend aujourd'hui.
Busch n'écrivait pas un livre d'éducation au sens moderne : son humour noir se moque autant des adultes, souvent ridicules et mesquins, que des enfants. La fin, où le village se réjouit de la disparition des deux garçons, laisse planer une ironie qui a fait débat. Lire l'histoire avec un enfant aujourd'hui, c'est l'occasion d'en parler, comme on le ferait pour certains contes traditionnels tout aussi cruels.
Le lire
L'œuvre existe en traduction française, et l'original en allemand reste accessible aux apprenants grâce à ses vers courts.
Pour un apprenant, les vers de Busch ont un autre avantage : ils sont rythmés, rimés et accompagnés d'images, ce qui aide à comprendre sans dictionnaire et à retenir des expressions. Lus à voix haute, ils font travailler la prononciation. Ceux qui découvrent la culture allemande par la gourmandise pourront prolonger l'épisode du boulanger avec la boule de Berlin, ce beignet berlinois.
Wilhelm Busch, dessinateur et poète
Avant Max und Moritz, Busch publiait déjà des dessins humoristiques dans la presse. Il a ensuite signé d'autres histoires en images, toujours en vers et toujours mordantes, qui ont fait de lui l'un des humoristes les plus lus de son pays. Ses formules sont passées dans la langue, et ses personnages restent familiers à des lecteurs qui n'ont jamais ouvert ses autres livres. Le blog en parle à l'occasion, entre deux bières, comme le précise la page à propos de ce blog berlinois.