Le tatouage et le rock partagent une histoire faite de marges et de rébellion. Des tatouages de marins aux bras couverts des musiciens de metal, les motifs old school sont devenus un langage visuel du rock, et Berlin en est aujourd'hui l'une des capitales européennes.
Tatouage et rock ont une longue histoire commune : du rockabilly au metal, les musiciens ont contribué à faire sortir le tatouage des marges pour en faire une culture à part entière.
Des ports aux scènes
Bien avant le rock, le tatouage occidental moderne s'est développé dans les ports, chez les marins, les soldats et les forains. Des tatoueurs comme Norman Collins, dit Sailor Jerry, installé à Hawaï, ont fixé le style traditionnel américain : traits épais, couleurs franches, motifs lisibles de loin. Les premiers rockeurs, puis les bikers et les punks, ont repris ces codes comme un signe d'appartenance et de défi aux conventions.
Une culture partagée
Flammes, pin-up, crânes et hirondelles du tatouage traditionnel sont devenus des motifs associés au rock'n'roll et au punk.
Chacun de ces motifs porte une histoire. L'hirondelle était, selon la tradition des marins, la promesse d'un retour au port ; l'ancre, la stabilité ; le cœur barré d'un nom, un attachement que l'on voulait afficher. Le rockabilly y a ajouté les dés, les cartes, les voitures et les pin-up, le metal ses crânes, ses serpents et ses lettrages gothiques. Aujourd'hui, ces images se portent souvent pour leur esthétique autant que pour leur sens d'origine.
Du signe de rébellion à la mode
Longtemps réservé à quelques milieux, le tatouage s'est largement banalisé. Les musiciens ont joué un rôle dans ce basculement : en montrant leurs bras tatoués sur scène et sur les pochettes de disques, ils ont rendu le tatouage visible pour des millions de fans. Le style old school cohabite désormais avec le réalisme, le dotwork, l'aquarelle ou les tatouages minimalistes.
Berlin, ville du tatouage
Berlin compte de nombreux studios de tatouage et accueille des conventions qui réunissent des artistes du monde entier.
Les quartiers de Kreuzberg, Friedrichshain ou Neukölln concentrent une bonne partie des studios, dont certains ne travaillent que sur rendez-vous plusieurs mois à l'avance. Les conventions sont l'occasion de voir travailler des artistes étrangers de passage et de comparer les styles avant de se décider. Après une séance, rien n'empêche de prolonger la soirée dans l'un des bars rock psychédéliques de Berlin ou l'un des clubs berlinois qui rockent.
Bien choisir son tatoueur
Hygiène, portfolio, conseils sur l'emplacement et les soins : un bon tatoueur prend le temps d'échanger avant de piquer.
Le portfolio dit si l'artiste maîtrise le style recherché : on ne demande pas un portrait réaliste à un spécialiste du old school. Un studio sérieux utilise du matériel à usage unique, explique ses règles d'hygiène et n'hésite pas à refuser un projet qu'il juge mal placé ou trop petit pour vieillir correctement.
Les soins
Un tatouage frais se soigne comme une plaie : crème adaptée, pas de soleil ni de baignade pendant la cicatrisation.
Pour les morceaux qui accompagnent le mieux cette culture, la playlist berlinoise des chansons et du rock fait un bon point de départ.