Deutschland muss sterben est le morceau le plus célèbre et le plus contesté de Slime, groupe punk de Hambourg. Son refrain hostile au nationalisme lui a valu des années de procédures, jusqu'à ce que la justice y reconnaisse une œuvre protégée par la liberté artistique.
Slime est un groupe punk de Hambourg formé à la fin des années 1970, l'un des pionniers du punk allemand. « Deutschland muss sterben » est son titre le plus célèbre, et le plus polémique.
Un titre provocateur
Le refrain, qui dit que l'Allemagne doit mourir pour que « nous » puissions vivre, s'en prend au nationalisme et au militarisme de l'État. Il a suscité scandales et procédures judiciaires.
Liberté artistique
Après des années de contentieux, la justice allemande a considéré que la chanson relevait de la liberté artistique, une décision souvent citée dans les débats sur la censure.
Le punk politique
Slime incarne le punk engagé, proche des mouvements autonomes et des squats de Hambourg, bien loin du punk de divertissement.
Un classique contesté
Le morceau reste un hymne de la scène punk allemande, et un sujet de débat.
Le Deutschpunk, un punk en allemand
À la fin des années 1970, le punk britannique gagne l'Allemagne de l'Ouest, et des groupes choisissent de chanter dans leur propre langue plutôt qu'en anglais. Le Deutschpunk naît de ce choix : textes directs, souvent politiques, guitares rapides et production minimale. Hambourg, Düsseldorf et Berlin-Ouest en deviennent les foyers, avec leurs salles, leurs squats et leurs disquaires indépendants.
Ce que la justice a tranché
Les poursuites visaient le dénigrement de l'État et de ses symboles, une infraction prévue par le Code pénal allemand. La Cour constitutionnelle fédérale a finalement jugé que la chanson relevait de la liberté de l'art, garantie par l'article 5 de la Loi fondamentale, en tenant compte de son caractère satirique et de sa portée politique. Cette décision sert de référence chaque fois qu'un artiste allemand est poursuivi pour des paroles jugées offensantes.
Hambourg, ville rebelle
Le port de Hambourg et le quartier de Sankt Pauli ont nourri une scène alternative tenace : maisons occupées de la Hafenstraße, salles de concert du Kiez, club de football aux supporters marqués à gauche. Slime incarne cette culture, où la musique, le militantisme et la vie de quartier se mêlent. Le groupe s'est séparé et reformé à plusieurs reprises, et ses concerts attirent encore un public de plusieurs générations.
Une provocation à remettre dans son époque
Écouter ce morceau aujourd'hui demande de le replacer dans son temps : la guerre froide, la mémoire encore vive du nazisme, la méfiance d'une partie de la jeunesse envers l'État et l'armée. Le titre choque toujours, et c'est le propos du punk : obliger une société à débattre de ce qu'elle tolère.
D'autres voix du punk allemand
La playlist du blog fait aussi la part belle à Die Toten Hosen et leur Hier Kommt Alex, venus de Düsseldorf, et au groupe berlinois Die Ärzte avec Ist das noch Punkrock ?. Les autres titres se retrouvent parmi toutes les chansons du jour.