Draguer en Allemagne ne demande pas d'apprendre un autre art de la séduction, mais quelques codes diffèrent de ceux qu'on connaît en France. La franchise, le partage de l'addition et la place des amis dans les rencontres reviennent souvent quand les expatriés comparent leurs expériences.
La séduction n'obéit pas tout à fait aux mêmes codes en Allemagne qu'en France. Sans tomber dans les clichés, quelques différences reviennent souvent dans les récits des expatriés.
Plus de franchise
On dit souvent que les Allemands sont plus directs : on exprime son intérêt ou son absence d'intérêt clairement, sans jeu de séduction prolongé.
Cette franchise peut dérouter. Un refus net n'a rien d'une insulte, et un compliment appuyé ou une insistance lourde peuvent mettre mal à l'aise plus vite qu'on ne le pense. À l'inverse, un « non » se prend au pied de la lettre : il n'appelle pas une seconde tentative. L'allemand a d'ailleurs une jolie expression pour ce moment : se faire donner un panier, « einen Korb bekommen », c'est essuyer un refus.
L'égalité avant tout
Payer chacun sa part au premier rendez-vous est courant, et l'initiative peut venir de l'un comme de l'autre.
Au moment de régler, le serveur demande souvent « zusammen oder getrennt ? », ensemble ou séparément. Répondre « getrennt » n'a rien de vexant. Proposer d'inviter reste possible, mais mieux vaut ne pas en faire une affaire si l'autre préfère payer sa part.
Des amis d'abord
Beaucoup de relations commencent dans un cercle d'amis ou d'activités communes plutôt que par une approche frontale.
Les clubs de sport, les associations, les cours de langue ou les soirées entre collègues sont des lieux de rencontre fréquents. Le passage de l'amitié à autre chose peut prendre du temps, et l'on distingue volontiers le fait de « se fréquenter » de celui d'être officiellement ensemble, qui se dit « zusammen sein ». Les applications de rencontre sont aussi répandues qu'en France, en particulier dans les grandes villes.
Du « Sie » au « du »
La langue ajoute une étape. Le vouvoiement, « Sie », reste la règle avec un inconnu dans bien des contextes, même si les jeunes et les milieux branchés de Berlin passent vite au tutoiement. Proposer de se dire « du » marque un rapprochement. Pour un Français qui apprend la langue, ces nuances se travaillent, et les conseils réunis dans la page vivre en Allemagne : langue, démarches et quotidien aident à s'y retrouver.
La ponctualité, un vrai signal
Arriver en retard au premier rendez-vous, même de peu, se remarque davantage qu'en France. Prévenir par message si l'on a un empêchement est apprécié. Ce détail en dit long, pour beaucoup d'Allemands, sur le sérieux qu'on accorde à la rencontre.
Chacun son style
Ces tendances restent générales : chaque personne est différente. La chanson « Aurélie » de Wir sind Helden en fait un portrait plein d'humour.
Pour rire des différences entre les deux pays sans les caricaturer, l'émission Karambolage, qui compare les habitudes françaises et allemandes, reste une excellente porte d'entrée.
Les rencontres à Berlin
Berlin occupe une place à part. La ville attire beaucoup de jeunes venus de toute l'Europe et d'ailleurs, et l'anglais y sert souvent de langue commune dans les bars et les soirées. Les codes y sont plus mélangés qu'ailleurs en Allemagne, et la vie nocturne, les cafés et les biergartens offrent de nombreuses occasions de faire connaissance. Dans les villes plus petites ou à la campagne, les habitudes restent souvent plus classiques, avec un rôle encore plus important des cercles d'amis et des associations locales.
Pour un premier rendez-vous, un café, une promenade dans un parc ou une bière dans un biergarten en été sont des propositions simples et appréciées. Elles laissent le temps de discuter sans la pression d'un dîner en tête-à-tête.